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title: "La guerre des stablecoins : pourquoi chaque entreprise veut son propre dollar"
description: "La guerre des stablecoins montre pourquoi traders, entreprises et géants du paiement reviennent sans cesse vers les dollars numériques dès que la volatilité des cryptos les échaude."
language: fr
published: 2026-07-24
author: Netts
topic: "Insights"
canonical: https://netts.io/blog/stablecoin-wars-why-every-company-wants-its-own-dollar?lang=fr
languages: [en, ru, es, zh, th, fr, uk, tr, hi, fa, ar, ha, pt, vi, ko, ja, id, de, tl]
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# La guerre des stablecoins : pourquoi chaque entreprise veut son propre dollar

La guerre des stablecoins montre pourquoi traders, entreprises et géants du paiement reviennent sans cesse vers les dollars numériques dès que la volatilité des cryptos les échaude.

Pendant des années, Tether a été hanté par le risque que ses réserves, son papier commercial, ses déclarations, ses audits, ses relations bancaires et réglementaires ne l'exposent comme un oligopole irresponsable. Ces inquiétudes n'étaient pas sans fondement, et elles restent d'actualité aujourd'hui. Pourtant, elles n'ont guère entamé son statut de crypto-dollar de prédilection pour des millions d'utilisateurs, grâce à son accessibilité, sa liquidité et sa rapidité.

L'ironie est que plus les institutions se méfiaient de leur exposition à divers passifs fiduciaires, plus ces passifs prenaient de la valeur. Cela ne reflète pas nécessairement une popularité accrue auprès des spéculateurs, mais plutôt une tendance plus large : des utilisateurs désireux d'être exposés à quelque chose qu'ils comprennent, afin de se prémunir contre des actifs alternatifs imprévisibles. Cela peut se traduire par un trader averse au risque qui liquide ses altcoins pour du Tether pendant un crash, une entreprise crypto-sceptique qui achète des dollars auprès d'un émetteur de stablecoins, ou un fondateur qui lance une levée de fonds en tokens adossée au stablecoin de son choix. L'idée même d'une nouvelle frontière financière ne suffit pas à séduire les utilisateurs ordinaires ; la seule chose capable de les convaincre lors d'événements de type cygne noir, c'est un passif familier.

Alors que Tether et des entités similaires misent sur leur volume, un autre stablecoin nommé USDC gravissait les échelons en mettant en avant sa crédibilité institutionnelle. L'entreprise qui le soutient, Circle, n'a pas cherché à battre Tether sur son propre terrain, mais a plutôt tiré parti de la demande de crypto-passifs plus sûrs en soulignant sa conformité avec les réglementations financières grâce à des rapports réguliers et une sélection rigoureuse de ses partenaires. En substance, si Tether incarnait la plateforme mondiale de trading crypto et l'USDT l'intermédiaire officieux pour l'OTC sur les marchés émergents, l'USDC représentait une dette en dollars fiat utilisée par les fintechs et les institutions financières régulées. Alors que la capitalisation boursière des stablecoins explosait, cette différenciation est devenue déterminante pour juger de l'attrait d'un stablecoin auprès de marchés et d'entreprises spécifiques.

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Le marché regorge désormais d'exemples prouvant que l'une comme l'autre de ces approches est propice à la croissance, les utilisateurs comprenant leurs options et choisissant en conséquence. Certains souhaitent un stablecoin universel qui ne sera peut-être pas accepté dans autant de juridictions mais qui conservera toujours sa valeur face au dollar ; d'autres recherchent un passif stable qui sera admis presque partout, quitte à sacrifier un peu de liquidité et de volume. Quoi qu'il en soit, chaque catégorie de stablecoin trouve son public, car la promesse d'un dépôt en dollars doté de caractéristiques numériques enrichies demeure attrayante pour quiconque a besoin d'une exposition au dollar. La demande pour de tels produits n'émane pas seulement de spéculateurs cherchant à couvrir ou à parier sur les fluctuations d'autres actifs, mais aussi d'utilisateurs ordinaires désireux de régler des paiements de façon universelle, en s'affranchissant des coûts et des lenteurs de la finance traditionnelle.

## Vendre la sécurité

Chaque acteur de l'écosystème a son positionnement propre, mais le modèle économique sous-jacent est similaire : un produit stablecoin offrant une déclinaison particulière de la « sécurité ». La liquidité et l'omniprésence sont les atouts majeurs de Tether, tandis que Circle vend la transparence et la crédibilité institutionnelle. PayPal met en avant son propre stablecoin comme une marque familière en laquelle l'utilisateur a déjà confiance ; MakerDAO, devenu Sky et lançant l'USDS producteur de rendement aux côtés du DAI, promettait un actif crypto-natif lié à une gouvernance on-chain offrant la sécurité d'un actif ancré au dollar grâce à un algorithme minutieux. Ethena, via l'USDe, promet un engagement générateur de rendement adossé à un coffre-fort en dollars, avec des risques répartis entre le déposant et les tendances opportunistes des marchés au sens large. Le projet RLUSD de Ripple et First Digital USD illustrent également cette quête de sécurité du produit, tout comme Paxos, Gemini Dollar, TrueUSD et des dizaines d'autres protocoles qui tentent d'occuper ce créneau avec leur propre formule.

L'économie est relativement simple pour tout émetteur de stablecoin, mais l'avantage concurrentiel qu'elle confère est difficile à ignorer. Le simple fait que les utilisateurs puissent se réfugier vers son produit en période de crise suffit à inciter toutes sortes de plateformes crypto-natives à lancer leur propre stablecoin, car ce produit de sécurité permet à l'émetteur d'atteindre une masse critique de déposants qui deviendront potentiellement des membres pérennes de l'écosystème. C'est pourquoi les rivalités entre stablecoins sont d'une importance capitale pour un large éventail d'activités crypto-natives. La liquidité d'un côté, les dépôts d'utilisateurs de l'autre, les paires de trading sur une plateforme et les mécanismes de règlement sur une autre – toutes ces fonctions tirent un bénéfice crucial d'un stablecoin déposé sur un wallet ou échangé sur une plateforme. C'est ce qui explique pourquoi les batailles pour la domination des stablecoins sont menées avec autant de férocité, à de multiples niveaux et par d'innombrables entités. Ce ne sont pas seulement les utilisateurs finaux spéculant sur les mouvements d'actifs macroéconomiques grâce aux atouts des stablecoins qui alimentent cette rivalité, mais aussi les grands prestataires de services de paiement et la finance traditionnelle, qui souhaitent tous tirer parti de ce phénomène en captant une plus grande part des dépôts en dollars en pleine croissance. De BlackRock et Visa à Stripe et Coinbase, en passant par BNY et le consortium Open USD, tout le monde est entré dans l'arène, conscients qu'il serait imprudent de laisser une seule entité contrôler le dollar programmable.

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L'initiative Open USD se distingue particulièrement par sa capacité à stimuler la concurrence entre stablecoins au niveau infrastructurel. En introduisant l'idée d'une tokenisation partagée des stablecoins, les membres fondateurs d'Open USD semblent reconnaître la nécessité d'une concurrence dédiée pour soutenir la croissance du secteur, où les bénéfices des effets de réseau peuvent être partagés entre plusieurs prétendants. C'est une façon habile de faire comprendre à leurs partenaires bancaires et fintechs qu'ils ne sont pas évincés de la domination du marché des stablecoins par une seule proto-banque, mais plutôt conviés à participer à une économie partagée où les revenus issus de la tokenisation peuvent être répartis.

## Les revenus de réserve

Le revenu de réserve est le joyau caché au cœur des dépôts, et chaque émetteur de stablecoin en a conscience. En détenant des liquidités et des obligations d'État pour le compte des utilisateurs, l'émetteur génère des revenus grâce au rendement de la dette souveraine et au spread entre les taux de dépôt et de retrait. Dans un contexte de taux d'intérêt élevés, l'attrait de rendements accrus sur les dépôts de tether stimule la demande pour l'actif. En soi, cela ne constitue ni un scandale, ni un avantage déloyal ; c'est plutôt la prise de conscience des grands investisseurs institutionnels qui intensifie la concurrence entre stablecoins, car ces rendements peuvent devenir cruciaux pour leur résultat net.

C'est pourquoi les débats autour des rendements des stablecoins sont si captivants : ils incarnent l'un des terrains d'affrontement où géants de la finance traditionnelle, processeurs de paiement, investisseurs institutionnels et émetteurs crypto-natifs se disputent le même vivier d'utilisateurs. Chacun dispose d'une vision stratégique sur les rouages internes d'un segment de l'économie des stablecoins et cherche à valoriser cette expertise. Un processeur de paiement perçoit le float comme un atout concurrentiel ; une banque mesure la valeur des dépôts ; une fintech utilise le solde au sein d'un portefeuille web ou d'une application comme un outil d'engagement ; une plateforme d'échange comprend le rôle central des paires et de la liquidité ; et un wallet crypto-natif connaît la force d'un stablecoin défini par défaut. Tous ces acteurs voient l'opportunité de générer des revenus grâce au mécanisme du stablecoin et sont idéalement placés pour profiter de la place grandissante que prend cette économie.

## Quand la stabilité vacille

Le terme même de stablecoin dissimule l'instabilité potentielle de la promesse sous-jacente. Ainsi, chaque stablecoin comporte ses modalités, ses risques et ses menaces propres. L'exemple le plus emblématique d'un stablecoin ayant spectaculairement failli à sa mission de stabilité reste, bien entendu, Terra. L'UST était une idée brillante qui s'est traduite par un effondrement catastrophique de sa valeur, motivé par la promesse de rendements élevés via le protocole Anchor. Adossé au token LUNA, le stablecoin promettait un rendement exceptionnel sur les dépôts via Anchor tandis que la conception algorithmique devait maintenir l'UST à parité avec l'USD. La perte soudaine de confiance dans le mécanisme LUNA-UST a déclenché le retrait massif des dépôts d'Anchor par des liquidateurs détenant des positions courtes. Dès lors, la confiance dans la parité entre les deux tokens s'est brisée, ouvrant la voie au depeg du token face à l'USD. Au final, des milliards de dollars sont restés bloqués dans le stablecoin UST et les hauts rendements promis par Anchor, le système entier s'effondrant peu après la fuite des dépôts.

Autre cas marquant de perte de parité : l'incident de depeg de l'USDC en 2023. Le stablecoin est brièvement tombé sous la barre du dollar avant de s'en remettre rapidement. La cause de cette chute était, malheureusement, la dépendance au système bancaire pour la conservation des réserves de cash en coffre en guise de preuve de réserves. En effet, les dépôts d'USDC chez Silicon Valley Bank se sont retrouvés inaccessibles aux déposants pendant le week-end, déclenchant un vent de panique passager. Bien que l'assurance des dépôts couvre théoriquement ces risques, la plupart des détenteurs du stablecoin ignoraient les subtilités des mécanismes bancaires et s'en sont défaits sous le coup de la panique, ce qui a finalement poussé les régulateurs à intervenir. Si cette leçon n'était pas aussi dramatique que celle de Terra, elle a certainement servi d'avertissement aux investisseurs qui faisaient confiance au système bancaire pour protéger leurs dépôts sous prétexte que les réserves du stablecoin étaient censées être entièrement garanties en cash.

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Enfin, le stablecoin BUSD et sa récente radiation constituent une autre piqûre de rappel sur l'importance de la réglementation, de l'intervention étatique et de l'impact des mesures des régulateurs sur la stabilité des stablecoins. Face à la pression réglementaire, Paxos, l'émetteur du BUSD, a résolu d'abandonner le stablecoin, le laissant délaissé sur le marché. TrueUSD et plusieurs autres stablecoins ont également traversé des turbulences avec les régulateurs récemment, et la volatilité du marché qui a entouré ces événements rappelle opportunément que la surveillance réglementaire fait peser une menace bien réelle sur les stablecoins. En clair, l'économie des stablecoins ne subit pas seulement des risques de conception et de garantie, mais aussi des risques de réglementation et d'adoption, la conjonction des trois pouvant être dévastatrice pour eux.

Il est fréquent d'entendre les promoteurs des stablecoins débattre de caractéristiques et de rouages liés au peg et, en définitive, à sa capacité à tenir parole. Pourtant, la confiance envers un stablecoin, et plus particulièrement la certitude qu'il sera possible de l'échanger à tout moment contre la monnaie de référence (en général l'USD), repose sur une combinaison de facteurs qui dépasse de loin le seul ancrage. Par exemple, les investisseurs attendent des garanties sur leur faculté à convertir leurs stablecoins en cash. Ainsi, le comportement du stablecoin sur les plateformes d'échange, la conjoncture générale des marchés et la réputation globale du projet (aux yeux des investisseurs institutionnels) sont déterminants pour asseoir cette confiance. En d'autres termes, la stabilité n'est pas le seul garant de la crédibilité d'un stablecoin. Le peg, l'adoption, les taux de change et les grands investisseurs font partie intégrante des leviers influençant la confiance accordée à un stablecoin.

## La réglementation s'invite dans la pièce sécurisée

La réglementation a toujours constitué une préoccupation pour les émetteurs de stablecoins, mais l'introduction du GENIUS Act aux États-Unis a créé de nouveaux risques pour quiconque souhaite émettre un stablecoin de paiement. Ce cadre législatif a également orienté les stratégies d'acteurs tels que Circle, qui ont choisi de se conformer aux exigences de la réglementation MiCA dans l'Union européenne. Tether, quant à elle, a refusé d'adhérer aux critères de MiCA pour l'USDT, arguant que de telles règles ne correspondaient pas à son modèle économique. Cela s'est traduit par une recomposition du marché des stablecoins, les zones jusqu'alors non régulées qui favorisaient l'USDT subissant l'arrivée de stablecoins régulés.

Cette mutation met en lumière l'importance de la réglementation et la façon dont différents stablecoins peuvent séduire des marchés distincts. Bien que l'USDT conserve une popularité immense, son empreinte sur les marchés où les utilisateurs prêtent attention aux aspects bancaires est limitée, ceux-ci s'étant tournés vers l'USDC et d'autres stablecoins régulés. C'est là une autre illustration de la valeur du choix, mais aussi des nuances de stabilité recherchées par les utilisateurs. Au fond, un même utilisateur peut recourir à des stablecoins différents selon sa localisation et ses besoins, les utilisateurs offshore se tournant vers certaines options, tandis que ceux opérant sous la juridiction d'un régulateur spécifique feront un autre choix. Le même constat s'applique aux stablecoins intégrés à une application financière, comme le PYUSD proposé par PayPal, ou à une application DeFi s'appuyant sur l'un des dollars générateurs de rendement.

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Les mêmes dynamiques s'observent à l'échelle institutionnelle, les plateformes d'échange adoptant certains stablecoins tout en se détournant d'autres. La lutte pour conquérir les utilisateurs institutionnels est tout aussi vive que celle pour les particuliers, chaque acteur ayant conscience que l'adhésion de telles structures peut renforcer sa notoriété et accélérer son adoption auprès du grand public. De surcroît, la conformité réglementaire d'un stablecoin s'avère un critère déterminant pour permettre aux investisseurs institutionnels d'accéder à une cryptomonnaie. Tout le système est fascinant dans la mesure où tout part de la volonté de s'exposer au dollar, mais la concurrence s'exerce à tous les niveaux, des utilisateurs quotidiens aux fintechs et aux grandes plateformes d'échange. En somme, chaque entreprise aspire à instaurer son propre dollar en raison de la valeur que représente cette valeur refuge, raison pour laquelle elles s'empressent de forger leur réputation d'émetteur de stablecoin rigoureux.

Le comportement humain se répète inlassablement : un individu s'échaude, puis se retranche vers l'actif le plus sûr à portée de main. Dès lors que cette réaction s'institutionnalise, elle devient un sujet d'étude. Si un trader se lasse de la baisse et liquide ses altcoins pour le refuge de l'USDT, Tether gagne. Si de grandes institutions et des fonds spéculatifs réduisent leurs pertes en se tournant vers l'USDC, Circle gagne. Si un utilisateur de PayPal, persuadé à juste titre de la supériorité de la crypto sur le fiat, conserve néanmoins ses fonds dans un PYUSD familier, PayPal gagne. Si une entreprise perçoit un flux de paiements entrants via Stripe en Open USD, le consortium dont le bac à sable héberge ces fonds gagne. Le stablecoin n'est plus un simple outil ou un auxiliaire de conservation de valeur. C'est un piège tendu au spéculateur, un bac à sable vers lequel l'actif reflue par une chaîne de réactions que le marché édifie lui-même autour du produit.

## Le mythe du dollar

Les visions des puristes de la crypto quant à une disparition imminente du dollar se fracassent régulièrement contre l'écueil du réel. Le dollar a été et demeure une passerelle, aussi imparfaite soit-elle. Elle a été bâtie il y a bien longtemps – on distingue encore les stigmates des traversées antérieures, mais à cet instant précis, cette passerelle est nécessaire. Son existence même ne favorise certes pas l'avènement d'une utopie crypto ; cependant, dans un pays doté de banques fragiles, de contrôle des capitaux, d'hyperinflation et d'une scène politique instable, le désir de concevoir une alternative numérique à la monnaie d'État est non seulement compréhensible, mais impératif. L'utilisateur se moque de savoir si la persistance du dollar dans la conscience collective contrarie les monétaristes : il veut que la monnaie de demain ressemble au plus près à la monnaie d'aujourd'hui.

C'est précisément là que se livrera la guerre des stablecoins, et non pas seulement sur les caractéristiques techniques des instruments, le choix des blockchains ou les accusations croisées de censure. Celui qui a perdu hier, le regard fixé sur la courbe d'un actif déclinant, saisira la première occasion pour convertir ses avoirs crypto en fiat. L'entreprise qui lui tend un bouton accessible pour basculer de la crypto au stablecoin remporte la bataille, car la sécurité est toujours recherchée, d'autant plus lorsque la douleur de la perte est encore vive. L'utilisateur a besoin d'un refuge, et ce besoin est décuplé lorsqu'il s'est brûlé sur ses crypto-actifs. L'entreprise qui lui tend cet abri gagne la partie, car rares sont les produits suscitant un tel engouement au lendemain d'une déconvenue financière.

Il n'y a d'ailleurs rien d'anormal à cela : c'est précisément ce concept qui a rendu la crypto si attractive aux yeux du grand public. Les utilisateurs veulent la sécurité du fiat, la volatilité de la crypto, la liberté de circuler sur la blockchain en toute sérénité. Un stablecoin fait office d'intermédiaire, drapant le dollar d'un vernis crypto, attendant l'instant où la loi, l'État ou les autorités bancaires lèveront ce masque pour dévoiler les chiffres familiers. Il ne s'agit nullement d'un réquisitoire contre les stablecoins ou la crypto, mais plutôt du constat que les vieux mythes ne s'éteignent jamais. Bitcoin s'est imposé comme la première cryptomonnaie, mais le dollar portait déjà son propre mythe depuis bien longtemps. Les stablecoins prouvent que les mythes se réinventent, empruntant à la fois les codes de la crypto et du fiat, parcourant différentes blockchains et ferraillant face à différentes banques. L'avènement du dollar numérique n'a pas clos la guerre des stablecoins – bien au contraire, elle ne fait que commencer, et désormais chaque acteur brigue le statut de nouvel actif de réserve, car l'utilisateur revient invariablement vers ce qu'il connaît, même lorsqu'il y laisse des plumes.

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